Avant propos

Avant propos

 

« C’était il y a quelques dizaines d’années, j’avais environ vingt-cinq ans, la nuit était étincelante sous la pleine lune. Je suis parti sur le chemin et je me mis à danser avec la lune, lentement, comme s’il s’agissait de jouer avec les énergies qui m’enveloppaient. J’étais heureux, d’un bonheur sans cause, une imprégnation de joie paisible. J’étais porté, emporté, je nageais, je volais, les yeux ouverts et puis fermés, cela dura. Dans l’enthousiasme de la jeunesse, je ressentais la Vie dans sa simplicité et son abondance, et puis ma danse s’arrêta, je fixais la lune, j’écartais les bras pour tout embrasser, un serment sortit de mon cœur comblé. Comme une déclaration d’amour je dis à haute voix : « Je veux consacrer ma vie à te servir, à te défendre, la Vie ».
Aujourd’hui, quarante années plus tard, devant la lagune africaine je contemple la « pêche frénétique » des oiseaux. Les mouettes poussent leurs cris rauques, elles plongent au milieu des pélicans qui lancent leurs grands becs dans l’eau, les cormorans chassent en sous-marins, les aigrettes blanches et noires sont de la partie ; un martin-pêcheur tombe en flèche sur le bord pour attraper des petits poissons. Chacun sa technique, ensemble…..

… La Vie m’enseigne ses lois encore et toujours, elle m’offre une telle diversité pour une exploration sans limites.
Les serments de jeunesse sont majeurs, ils nous portent tout au long de notre existence. Ce rêve de gosse continue son chemin, il me tient toujours.

Mais qu’ai-je fait pour tenir ce serment ?

Dans ma jeunesse durant les années 70, j’ai fait des petits boulots et j’ai voyagé, l’Afghanistan, l’Inde par la route pour découvrir la grande diversité des modes de vie. En Inde particulièrement je n’avais que 10 $ à la frontière, juste le prix du visa, et j’ai vécu sans argent, couchant dehors, mangeant selon les rencontres ou bien le soir dans les temples le dal et chapati avec les nécessiteux. Ce voyage fut extraordinaire, je vivais dans le luxe du réel quotidien des Indiens et de l’authentique et non pas comme un touriste de passage.
Pour mes trente ans tout bascule, je rencontre ma femme Sylvie, nous avons notre première fille, je devenais « père de famille » comme disent les Sénégalais. Je crée mon entreprise dans les systèmes de gestion d’énergie dans les grands bâtiments, un choix fait au hasard, mais c’est quoi le hasard ? ……..

….. Maintenant après tout ce parcours, ces créations, ces rencontres, cette réflexion sur notre relation à la dynamique du vivant, ma conviction est totale. La Vie doit vraiment être défendue. Nous les humains du XXIe siècle nous accumulons au-delà de toute raison pour gaver nos petites existences dans nos sociétés modernes si artificielles. Nous avons certainement mieux à faire. »