Extraits

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Sommaire

 

Avant-propos

Introduction

Première partie : Un regard sur aujourd’hui

C’est quoi la Vie ?
A quoi accordons-nous le plus de valeur.
Remettons l’Homme et la Vie à leur place.
Comment s’est constituée cette ignorance du vivant.
Les civilisations se construisent en opposition à la Vie
La vie est trop vaste
La dynamique du vivant ne procède pas de la même logique
La peur ancestrale
Les conséquences de cette absence de la reconnaissance de la vie
Une économie de la destruction
Les chiffres nous piègent
Des outrances financières
Une technologie de l’asservissement

Deuxième partie : Vivre un monde nouveau

Quelles actions possibles en réaction à ce suicide
L’économie inversée du partage
Réagir contre les pratiques destructrices, ne pas accepter le mépris
Le silence peut devenir une lâcheté
S'émanciper de notre totale dépendance sociale
Nous sommes les créateurs du monde
Les scénarios de Vie
Ego te absolvo
La richesse immatérielle de l’entreprise
Le résultat n’est pas l’objectif
 Comment se relier à la dynamique du vivant ?
Prenons la mesure des freins : la peur
Qu’est-ce que le risque
Comment affronter la peur ?
Dépasser la peur ultime du temps qui passe
La Vie est en transformation permanente.
Le lien au corps et la santé
Un domaine de grand développement pour l’avenir
L’enseignement par les plantes

Troisième partie : Agir et créer dans la dynamique du vivant

Le processus créatif
A l’école de la Vie, l’évolution de la
Attention, intention…
Abordons le mystère de la conscience
De la conscience pour quoi faire ?
Et si l’amour allait avec le courage
L’évolution de la conscience
Changement de paradigme
Réfléchissez et devenez riche
Réfléchir dans le paradoxale
La pensée paradoxale est l’outil de la régulation
La richesse immatérielle
Réfléchir et être au plus beau de soi même

Quatrième partie : Un monde à venir, peut-il advenir ?

Quels métiers pour demain ?
Que sera le monde à venir ?
La transition des évolutionnaires

Conclusion

Epilogue

 

Avant propos

 

« C’était il y a quelques dizaines d’années, j’avais environ vingt-cinq ans, la nuit était étincelante sous la pleine lune. Je suis parti sur le chemin et je me mis à danser avec la lune, lentement, comme s’il s’agissait de jouer avec les énergies qui m’enveloppaient. J’étais heureux, d’un bonheur sans cause, une imprégnation de joie paisible. J’étais porté, emporté, je nageais, je volais, les yeux ouverts et puis fermés, cela dura. Dans l’enthousiasme de la jeunesse, je ressentais la Vie dans sa simplicité et son abondance, et puis ma danse s’arrêta, je fixais la lune, j’écartais les bras pour tout embrasser, un serment sortit de mon cœur comblé. Comme une déclaration d’amour je dis à haute voix : « Je veux consacrer ma vie à te servir, à te défendre, la Vie ».
Aujourd’hui, quarante années plus tard, devant la lagune africaine je contemple la « pêche frénétique » des oiseaux. Les mouettes poussent leurs cris rauques, elles plongent au milieu des pélicans qui lancent leurs grands becs dans l’eau, les cormorans chassent en sous-marins, les aigrettes blanches et noires sont de la partie ; un martin-pêcheur tombe en flèche sur le bord pour attraper des petits poissons. Chacun sa technique, ensemble…..

… La Vie m’enseigne ses lois encore et toujours, elle m’offre une telle diversité pour une exploration sans limites.
Les serments de jeunesse sont majeurs, ils nous portent tout au long de notre existence. Ce rêve de gosse continue son chemin, il me tient toujours.

Mais qu’ai-je fait pour tenir ce serment ?

Dans ma jeunesse durant les années 70, j’ai fait des petits boulots et j’ai voyagé, l’Afghanistan, l’Inde par la route pour découvrir la grande diversité des modes de vie. En Inde particulièrement je n’avais que 10 $ à la frontière, juste le prix du visa, et j’ai vécu sans argent, couchant dehors, mangeant selon les rencontres ou bien le soir dans les temples le dal et chapati avec les nécessiteux. Ce voyage fut extraordinaire, je vivais dans le luxe du réel quotidien des Indiens et de l’authentique et non pas comme un touriste de passage.
Pour mes trente ans tout bascule, je rencontre ma femme Sylvie, nous avons notre première fille, je devenais « père de famille » comme disent les Sénégalais. Je crée mon entreprise dans les systèmes de gestion d’énergie dans les grands bâtiments, un choix fait au hasard, mais c’est quoi le hasard ? ……..

….. Maintenant après tout ce parcours, ces créations, ces rencontres, cette réflexion sur notre relation à la dynamique du vivant, ma conviction est totale. La Vie doit vraiment être défendue. Nous les humains du XXIe siècle nous accumulons au-delà de toute raison pour gaver nos petites existences dans nos sociétés modernes si artificielles. Nous avons certainement mieux à faire. »

Philosophie vécue

 

Une philosophie vivante du vivant

 

« L’objectif de cette philosophie de la Vie est de développer une réflexion sur ce vaste sujet de la Vie. Il manque des mots, des concepts, une philosophie pour en parler directement. Les intellectuels parlent de l’Homme, dans une société faite par eux et pour eux. La pensée humaine reste centrée sur elle-même et c’est bien normal, entre hommes nous nous racontons nos histoires de communauté. La Vie est à l’extérieur du cercle, elle le déborde de partout et elle est insaisissable avec nos mots, notre raison, notre pensée.
Je ne chercherai pas non plus à en donner une définition, ce serait trop restrictif, ce serait diminuer sa grandeur (…).

Cette philosophie n’est pas théorique, elle s’inscrit dans notre présent, personnel et communautaire. Le respect de la Vie aujourd’hui est un enjeu majeur, nous lui portons atteinte dans tous les domaines et en cela nous ne respectons pas notre propre vie, l’avenir restera incertain si nous continuons dans la voie du tout économique où la Vie n’a aucune valeur.

Nous allons nous observer à partir d’une position où la Vie, universelle sur notre planète Terre, n’est pas la propriété exclusive de l’Homme. Cette position nous offrira alors un regard extérieur sur notre humanité et nos sociétés, nous en verrons ses lacunes, ses erreurs d’évaluation, ses folies… un peu comme des extras terrestres nous regarderaient : « C’est quoi ces animaux ? Pourquoi s’isolent-ils du mouvement général du vivant ? Où croient-ils aller ? Pour qui se prennent-ils ? »
Il devient essentiel de trouver de nouvelles manières de vivre, de construire de nouvelles relations, de retrouver l’alliance avec toutes les autres vies de la planète. Il ne s’agit pas d’un combat contre notre société, mais de tenter un changement de paradigme, un autre système de valeur.

Je crois que le paradis perdu existe encore, il est seulement perdu. »

Economie inversée

 

L’économie inversée du partage génère un art de vivre

 

Voilà une règle de Vie incontournable, le partage est fondamental pour le plaisir et le bonheur. Je peux passer une journée agréable seul, tranquille, mais si je la partage avec ma compagne elle est transformée. Je peux prendre mon apéritif face au coucher de soleil, c’est vraiment joli ; le partager avec des amis, c’est du bonheur, de la joie et une bonne rigolade. Et les réunions de famille où nous nous retrouvons autour d’un bon repas préparé avec amour… Dans ce partage de bons moments il se passe une économie « à l’envers », plus chacun en prend plus il y en a pour tous, le plaisir des uns augmente le plaisir des autres.

Un ami, jeune retraité, me racontait sa participation à une association où il donnait une après-midi par semaine à des handicapés mentaux pour faire avec eux leurs activités simples du quotidien. Le soir il n’était pas fatigué, ni stressé mais plein et heureux, « nourri » dit-il par ces échanges et partages, ces émotions vécues ensemble.

Cultiver un jardin en permaculture et se nourrir de sa petite production, en donner car il y en a toujours trop au moment de la récolte, est d’une qualité de travail, de santé, de découverte, de sérénité générée par une action simple.
Il y aurait des milliers d’exemples à donner, à chacun de se rendre disponible à des sollicitations pouvant permettre d’exprimer des potentiels pour partager nos richesses humaines différentes et complémentaires.

Dans la pratique pour avoir du quantitatif nous devons acheter, facile si l’on a de l’argent, nous sommes dans une attitude passive. Pour avoir cette qualité de « niveau de Vie » il faut s’y engager, donner son temps et son énergie, nous sommes dans une attitude active, d’échange, de don et de recevoir. Nous allons alors diminuer nos dépenses financières et recevoir de l’immatériel : de l’harmonie, de la joie et du bonheur. Une « décroissance heureuse », non, pardon ! « Un niveau de vie évolué ». 

Mauvaise pêche

 

La Vie naturelle n’est pas à craindre, un peu de vigilance suffit pour y vivre en savourant sa paix.

Nous sommes encore très loin de cette harmonie. Rejetée à l’extérieur, nous n’accordons à la Vie aucune valeur, nous sommes en guerre dans nos champs, les poissons de la mer sont valorisés seulement quand ils arrivent sur l’étal du poissonnier, nos forêts sont saccagées pour produire des emballages… enfin vous connaissez le sujet.

À propos des poissons de la mer, je vous livre une incroyable histoire. Tout près du lodge africain, Joal est un grand port de pêche et les eaux du Sénégal sont très poissonneuses. Une entreprise européenne s’est installée et elle rachète tous les poissons, les meilleurs comme les plus ordinaires. Elle les broie, les sèche et les expédie en Europe pour ????

Nourrir les poissons d’élevage !!!!!

Cette histoire m’a fait spontanément un vrai choc et il m’a fallu un certain temps pour en comprendre la raison. Le choc vient de cette absence totale de conscience du vivant et ses dramatiques conséquences. Il s’agit presque d’une folie gravement pathologique d’autodestruction. Nous avons là une chaîne de causes et d’effets de dégradation ou de dépravation :

  • la pêche à outrance détruit la ressource,
  • on prive les autochtones de leur ressource. (Des centaines de femmes font du poisson fumé),
  • le broyage de toutes les espèces produit une baisse de qualité du produit fini,
  • le séchage et le transport gaspillent l’énergie,
  • les poissons d’élevage mangent 5 à 10 fois leur poids final,
  • le poisson sauvage est de meilleure qualité,
  • on nourrit les Européens avec du poisson de second ordre
  • c’est un cycle infernal de la régression.

Notre industrie et notre économie sont ainsi monstrueuses envers toute manifestation du vivant. Terrible erreur de jugement et de positionnement.

Nos Châteaux

 

Hier en me promenant sur la plage, j’ai vu des enfants en train de construire un château de sable rudimentaire pour s’affronter aux vagues de la marée montante. J’ai joué gosse à ce défi, je l’ai continué avec mes enfants, ce furent des occasions de rires, de cris, d’enthousiasme, de réaction d’urgence face aux attaques de la mer, jusqu’à la fin inéluctable des dernières vagues lissant le sol pour effacer la moindre trace. La partie était finie, pas de tristesse, un sentiment de plein. Nous avions passé un moment de partage, de plaisir, de joie, sous le soleil, sur le sable au bord de la mer. Dans une simplicité de moyens, en jouant avec les éléments de la mère Terre, nous nous sommes offert un beau moment de Vie.

Nos œuvres, lorsque nous les considérons du point d’observation de la Vie ressemblent à ces châteaux de sable, elles sont aussi des constructions précaires dans le maelström de la dynamique du vivant. Mais l’œuvre elle-même a-t-elle de l’importance ? Elle s’efface comme le château sous les coups de boutoir répétés des vagues, dans le bilan le monticule de sable ne sera rien, il en restera la valeur de ce moment joyeux, cette parcelle de Vie épanouie, partagée dans une aventure à l’issue pourtant fatale.

Et si notre existence était cela ?